JEAN DE VIENNE - croiseur - Classe «LA GALISSONNIÈRE»
Chantier : Arsenal de Lorient (France)
31 juillet 1935 (Lancement)
15 avril 1937 (Mise en service)
 27 novembre 1942
courriel Contacter l'association au sujet de cette unité...


Marins à bord...

Date inconnue

BRIESINGER R. -  DUMÉNOIR R. -  DURAND A. -  MONNIER L.

Embarquement pour l'année 1935

Novembre : AUBRY DE LA NOË M.

Embarquement pour l'année 1936

LABOUREUR A.
Janvier : DU GARDIN J.

Embarquement pour l'année 1937

Octobre : LE POITTEVIN A.

Embarquement pour l'année 1938

Janvier : GICQUEL J. -  JONCOURT E.
Février : VENIEC V.
Avril : HOREL E. -  LE FLOCH P.
Juin : MERCIER
Juillet : RAUDE J.

Embarquement pour l'année 1939

MISSOFFE J.
Janvier : DEMANGE H. -  DENIEL F. -  LAMETTE H. -  LE FIEC J. -  POSTIO J.
Février : PORCHEL J.
Mars : CHARDONNET R. -  COAT P. -  LE CAP
Avril : LE GARREC

Embarquement pour l'année 1940

Mars : MAHEO P.
Juin : RINALDI

Embarquement pour l'année 1941

DE LA VALLÉE DE RARÉCOURT DE PIMODAN H.
Mars : ALENGRIN J.
Avril : CRUVEILHIER M. -  GENDRON A.

Embarquement pour l'année 1942

KERENEUR R.

Opération(s) en relation avec cette unité...

Sabordage de la flotte à Toulon

Journal de bord...

Dates Evénements
27/11/1942SABORDAGE DE LA FLOTTE A TOULON (Sabordage de la flotte à Toulon)
12/1931Mis sur cale
193605/1937LABOUREUR Auguste (Commandant)
15/04/1937Armateur : Marine nationale (FRANCE)
27/11/1942Sabordé bassin 1 de Missiessy à Toulon sans sabotage
18/02/1943Renfloué après assèchement du bassin - Conduit dans une forme de Vauban pour y subir un carénage (non effectué).
03     Baptisé FR 11
Revendiqué courant mars par les Italiens .
06/04     Conduit au quai ouest des Grands-Bassins pour remise en état
09/09     Saisi par les Allemands
24/11     Incendié et coulé lors du bombardement allié sur Toulon
04/02/1944Épave touchée par le bombardement allié
11/03     Épave touchée à nouveau par le bombardement allié - Épave restituée à la Marine française suivant accords d’avril 1944.
1948Renfloué pour démolition



Photographies, numérisations, etc.

© 2006-2019 ALAMER
JEAN DE VIENNE (M. Eric ALENGRIN)
© 2006-2019 ALAMER
JEAN DE VIENNE au bassin (M. Eric ALENGRIN)
© 2006-2019 ALAMER
© 2006-2019 ALAMER © 2006-2019 ALAMER © 2006-2019 ALAMER
Joseph ALENGRIN sur JEAN DE VIENNE (date entre mars 1941 et août 1942) (Eric ALENGRIN ) - 03/1941



Caractéristique(s)...

 Déplacement : 7 600 tW 8 214 tonnes (normal) 9 100 tonnes (pleine charge)
 Dimensions : Longueur : 179,50 m Largeur : 17,48 m Tirant d’eau : 5,35 m
 Propulsion : Deux turbines à engrenages Rateau-Bretagne - 4 chaudières Indret
 Puissance : 84 000 cv
 Vitesse (en noeud) : 31 nd
 Combustible : 1 569 tonnes
 Autonomie (en jour) : 7 000 milles à 12 nd - 6 800 milles à 14 nd 5 500 milles à 18 nd - 1 650 milles à 34 nd
 Effectif : 540 (paix) ou 764 (guerre) officiers et hommes


Armement(s)...

Blindage
    ceinture 100 mm, cloisons 64 mm, cloisons longitudinales 20 mm, pont principal 37 mm, tourelles, faces 100 mm, côtés, arrières et toits 50 mm, tour 50 à 95 mm.
Artillerie principale
    9 canons de 152 mm/50 Mod 30 (3 tourelles triples)
Artillerie antiaérienne
    8 canons de 90 mm/50 AA (4 tourelles doubles) 8 canons de 37 mm AA (4 canons jumelés) 12 mitrailleuses de 13,2 mm AA Ajoût de 1 canon de 37 mm AA - 2 canons de 25 mm (1 canon jumelé) - 4 mitrailleuses de 13,2 mm (2 canons jumelés) en 1941
Tube lance-torpilles
    4 TLT de 551 mm (2 affûts doubles)
Aviation embarquée
    2 hydravions Loire 130 de l'escadrille de surveillance HS 3

(N°2615)

Le 27 Novembre 1942 : Sabordage de la flotte à Toulon

Résumé...


Après les noires journées de La bataille de Mers el-Kébir (03/07/1940), Toulon devient la seule vraie base navale digne d'accueillir la flotte française : 90 navires y sont au mouillage en Novembre 1942 ce qui représente plus de la moitié des unités navales dont la partie la plus moderne.

Le JEAN BART (à Casablanca) et le RICHELIEU (à Alexandrie) sont les deux fleurons manquants à l'appel.

Composition de la flotte...


La flotte se divise en 3 groupes.

La flotte de Haute Mer sous les ordres de l'amiral DE LABORDE dont le pavillon est sur le STRASBOURG :
STRASBOURG
ALGÉRIE
COLBERT
DUPLEIX
MARSEILLAISE
JEAN DE VIENNE
• 10 contre-torpilleurs et 3 torpilleurs

Les bâtiments armés sous les ordres du préfet maritime vice-amiral MARQUIS :
PROVENCE
COMMANDANT TESTE
• 6 torpilleurs
• 3 sous-marins

Les bâtiments en gardiennage :
DUNKERQUE
FOCH
LA GALISSONNIÈRE
• 8 contre-torpilleurs
• 6 torpilleurs
• 10 sous-marins

Calendrier...


Le débarquement allié en Afrique du Nord le 08 Novembre 1942 va fournir à HITLER le prétexte qui lui faisait défaut pour envahir la zone libre et le 11 Novembre 1942 il déclenche l'opération ATTILA, franchissant la ligne de démarcation.

Malgré la menace sous-jacente qui pèse sur la flotte de Toulon, le gouvernement de Vichy se fie aux promesses du Führer qui s'est engagé à laisser la base navale sous autorité française.

Un récent télégramme d'HITLER lui-même avait stipulé que la rade ne serait pas occupée.

Il semblerait que les autorités françaises d'alors aient oublié le peu de crédit que l'on pouvait accorder au déclarations du chef du Reich.

12 Novembre


L'amiral François DARLAN appelle la flotte à se joindre aux alliés pour combattre HITLER.

Hélas, les commandants avaient tous du prêter serment au gouvernement de Vichy : appareiller aurait donc été interprété comme une haute trahison.

De plus, dès le déclenchement de l'opération ATTILA, la Luftwaffe avait réuni les moyens nécessaires pour s'opposer efficacement à toute tentative de sortie de la Flotte française.

Une opération aussi hasardeuse aurait coûté très cher sur le plan humain et beaucoup d'unités n'auraient pas été rapidement opérationnelles, à condition d'avoir pu rallier un port allié.

L'offensive allemande s'arrête aux portes de Toulon où les troupes françaises ont pris position pour défendre la flotte.

19 Novembre


LAVAL ordonne au troupes de se retirer du camp retranché.

Les allemands réitèrent leurs promesses de 1940 :

« On ne touche pas à la flotte » mais en préparent la capture par surprise au travers l'opération ANTON-LILA.

4 groupes de combat se préparent dans ce but :
• Groupe de combat A : Ce groupe doit avancer depuis l'Ouest, capturer la péninsule sud de Toulon, la ville de La Seyne-sur-Mer, la forteresse Napoléon et Six-Fours, ainsi que la péninsule de Saint-Mandrier qui contrôle l'accès au port
• Groupe de combat B : Ce groupe doit avancer depuis l'Ouest, le long de la Nationale 8 pour atteindre le coeur de Toulon, occuper l'arsenal et capturer la flotte
• Groupe de combat C : Ce groupe doit avancer derrière le groupe B pour couvrir ses arrières et ses flancs. Il doit également capturer la forteresse du Mont Faron et Grand Saint-Antoine ainsi que les bâtiments militaires à Saint-Anne
• Groupe de combat D : Ce groupe arrive de l'Est, le long de la Nationale 97 après avoir passé Toulon au Nord. Il doit capturer la station radio du Mourillon, le fort Lamalgue (siège du Haut Commandement) et le bassin du Mourillon

En complément de ces groupes, des éléments SS avancent derrière le groupe A pour occuper Sanary, pendant que plus à l'ouest des éléments de la 335ème Division d'Infanterie (environ un bataillon) doivent sécuriser la côte.

Pour finir, la Luftwaffe utilisera des Heinkel 111 pour miner les chenaux du port, attaquer et couler tout navire français tentant de sortir.

Des Junker 88 et des Heinkel 115 sont également prêts à intervenir pour intercepter tout navire appareillant.

27 Novembre


04H25 Les chars allemands sont à la porte de l'arsenal.

L'amiral MARQUIS est fait prisonnier au fort Lamalgue.

04H30 l'amiral DE LABORDE est prévenu. Il refuse de croire au manquement de parole des allemands mais fait réveiller les équipages, allumer les chaudières (4 à 5 heures avant de pouvoir appareiller) et prend les dispositions en vue du sabordage

05H25 Les panzer allemands forcent la porte de l'arsenal. Le STRASBOURG lance par radio l'ordre de sabordage :
« Ici FHM. Sabordez la flotte... Sabordez la flotte... »

L'ordre est répété par signaux optiques.

Des porteurs emmènent également le message aux navires.

« Exécutez immédiatement le sabordage de votre bâtiment. Amiral DE LABORDE, commandant en chef les forces de haute mer »

Pendant ce temps, les Panzer se perdent dans les dédales de l'arsenal et arrivent trop tard pour empêcher le sabordage.

Un violent accrochage a lieu sur le STRASBOURG : un obus de 75 millimètres fait un mort et cinq blessés en tombant sur la tourelle 3. Le commandant en second ordonne de riposter au fusil mitrailleur et à la mitrailleuse. Des allemands sont fauchés mais DE LABORDE fait cesser le tir.

En quelques minutes les destructions très importantes sur de nombreux navires :
• Le STRASBOURG coule droit sur 14 mètres de fond
• L'ALGÉRIE va brûler pendant 2 jours
• La MARSEILLAISE coule avec 30° gîte
• Le DUPLEIX est incendié à 0625 quand les allemands montent à bord. Les soutes à munitions explosent à 08H30, les torpilles à 1100
• Les torpilleurs et contre-torpilleurs (Quai Noël) sont coulés quand les allemands arrivent.
• Le mât du CASSARD arbore le pavillon « Ordres amiral exécutés »
• En ce qui concerne les bâtiments en gardiennage ou réparation, le sabordage est difficile à effectuer cause des équipages réduits
• Le DUNKERQUE est détruit in extrémis
• 4 contre torpilleurs (dans les grands bassins Vauban) et 2 torpilleurs sont capturés presque intacts (PANTHÈRE et TIGRE aux appontements de Milhaud)
• Toutes les installations de la Marine nationale (batteries côtières et front de mer) sont détruites mais, bravant les ordres de sabordage car n'appartenant pas aux Forces de Haute Mer, 5 sous-marins (CASABIANCA, MARSOUIN, LE GLORIEUX, IRIS et VÉNUS) appareillent du Mourillon : le VÉNUS se sabordera en grande rade alors que les autres, en parvenant à éviter à la fois les mines et les bombardements allemands, parviendront à prendre le large. Le CASABIANCA et le MARSOUIN rejoindront Alger, LE GLORIEUX ira à Oran alors que l'IRIS se réfugiera à Barcelone

Conclusion...


La défaite stratégique est indéniable pour les allemands : ils n'ont pu mettre la mains sur la flotte française qui est détruite à 90% dont la totalité des Forces de Haute Mer.

Le sabordage montre à CHURCHILL que la parole donnée par François DARLAN en Juin 1940 n'était pas vaine.

Quant au gouvernement de Vichy, il vient de perdre son meilleur atout vis-à-vis de l'opinion française